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Avec le Sea Watch 3 et sa capitaine, au secours des naufragés de Lampedusa !

jeudi 27 juin 2019

À l’initiative d’Etienne Balibar, un appel à soutien (ci-après) au Sea Watch 3 et à sa capitaine Carola Rackete, qui a décidé, malgré l’interdiction des autorités italiennes et le rejet de son recours à la CEDH, d’accoster à Lampedusa pour y débarquer 42 personnes sauvées du naufrage il y a quinze jours (lire l’article de RFI ).

Pour le signer, utiliser le document framapad.

Il suffit d’ajouter son nom dans l’ordre alphabétique ; l’enregistrement se fait tout seul.


Texte de l’appel à soutien :

Avec le Sea Watch 3 et sa capitaine, au secours des naufragés de Lampedusa !

Voici 14 jours – quatorze jours ! – que le Sea Watch 3, le dernier des bateaux qui, pour le compte d’ONG humanitaires, opéraient en Méditerranée afin de sauver les passagers d’embarcations de fortune qui fuient l’enfer de Libye et cherchent à échapper aux griffes de ses garde-côtes, tournait au large de Lampedusa avec 42 hommes, femmes et enfants à bord. La capitaine Carola Rackete a lancé tous les appels de détresse. Elle a attendu le résultat de son recours auprès de la Commission Européenne des Droits de l’Homme, qui s’est défaussée sur les gouvernements, qui se sont cachés les uns derrière les autres. La situation devenait intenable et son devoir était clair : elle vient de décider d’entrer dans les eaux italiennes et de rejoindre Lampedusa, où toute une population continue de faire preuve d’une constance admirable dans l’hospitalité. En jargon maritime cela s’appelle « forcer le blocus ». Mais qu’on ne s’y trompe pas : la loi internationale, les principes fondamentaux du droit humanitaire, et la tradition des gens de mer sont avec elle. Ce sont les autorités italiennes qui se mettent hors la loi.

Cependant le Ministre Matteo Salvini, véritable détenteur du pouvoir aujourd’hui en Italie, fulmine et menace : ayant passé un décret qui interdit aux réfugiés l’abord des côtes italiennes, traîné en justice les élus et les associations qui sauvaient les vies et recensaient les disparus, bloqué dans les ports les bateaux affrétés par les humanitaires (comme le fait aussi la France), il menace de repousser par la force le Sea Watch 3 ou de le confisquer. Il ameute l’opinion de son pays contre les « illégaux »… Il faut le faire reculer, en joignant nos forces à celles des militants et des militantes qui, derrière l’association « Mediterraneo » et d’autres, avec les paroissiens de Lampedusa, avec le maire Mimmo Lucaro de Riace et d’autres, résistent à la barbarie et à l’abus de pouvoir de leur gouvernement.

Mais M. Salvini n’est pas seul et l’Italie fait partie d’un ensemble. Les autres pays de l’Union Européenne et la Commission ont les moyens de le faire reculer au nom du droit des gens et des principes fondateurs de l’Union, ou de prendre des sanctions comme ils le font sur d’autres sujets. Ils ont les moyens de partager le fardeau (bien modeste) de l’accueil des réfugiés et de changer les règlements qui interdisent l’organisation des secours, tout en entretenant les fausses rumeurs d’invasion et de menace contre la sécurité de leurs citoyens. Ils ont les moyens, immédiatement, de rétablir les opérations de sauvetage en mer par des équipages publics et de volontaires. Au lieu de quoi nous assistons au concours le plus ignoble des lâchetés, des hypocrisies et des refus d’assistance qui sont autant de crimes dont l’histoire nous rendra responsables collectivement.

C’est maintenant qu’il faut inverser la destruction du droit et de l’humanité qui nous concerne tous. Nous appelons le gouvernement italien à changer de politique et à laisser le SeaWatch 3 arriver à bon port, puis à continuer sa mission en sûreté. Nous appelons solennellement les gouvernements européens – dont le gouvernement français qui se targue d’être à l’avant-garde du combat contre le « nationalisme » et le « populisme » - à faire individuellement et collectivement le nécessaire pour qu’on cesse de mourir en masse dans ces eaux couleur de vin, que nous aimons à célébrer comme l’origine de notre civilisation. Honte à eux, honte à nous tous si, une fois de plus, l’humanité devait sombrer devant notre port.


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