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Ce silence de la Gauche qui nous casse les oreilles

mardi 5 mars 2019 par Ismael El Hajri

4 MARS 2019 | PAR ISMAEL EL HAJRI | BLOG : LE BLOG DE ISMAEL EL HAJRI

Nous sommes des femmes et des hommes issu.e.s de l’immigration post coloniale. Les oppressions que nous subissons s’articulent les unes aux autres. Celles de classe, de race et de genre pour les femmes et les minorités sexuelles. Celles de classe et de race pour les hommes hétérosexuels.

Tribune - Nous sommes jeunes et nous partageons toutes et tous les mêmes aspirations pour un monde plus juste, plus égalitaire, plus écologique. Nous sommes de toutes les luttes progressistes et nous œuvrons chaque jour pour notre émancipation, contre tous les systèmes de dominations et d’oppressions, qu’ils soient liés à la classe, augenre et à la race sociale.

Nous sommes des femmes et des hommes issu.e.s de l’immigration post coloniale. Les oppressions que nous subissons s’articulent les unes aux autres. Celles de classe, de race et de genre pour les femmes et les minorités sexuelles. Celles de classe et de race pour les hommes hétérosexuels.

Nous sommes les exploité.es, les opprimé.es. Nous sommes les précaires, les humilié.es. Nous faisons partie de la jeunesse qui relève la tête. Celle qui décide de ne pas courber l’échine.

Nous sommes les héritiers des luttes de nos mères et de nos pères, des luttes du Mouvement ouvrier, des luttes des Hallagas, des Chibanis, des luttes contre les violences policières et la gestion coloniale de nos quartiers. Notre Histoire est celle de la Gauche. Nous sommes donc impliqué.e.s dans ses combats.

Pourtant, force est de constater que la réponse politique de nos mouvements n’est pas à la hauteur. De la récupération de la marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983 par SOS Racisme, au lynchage de la jeunesse lors des soulèvements de 2005. Du mutisme, lorsqu’il s’agit de dénoncer le caractère systémique des violences et crimes policiers, aux récentes polémiques sur le Hijab et le Burkini. La Gauche n’a jamais su, par manque de courage et de convictions, ou par calcul politique malsain, se positionner de manière claire sur ces questions.

Aussi, il faut le dire, les organisations de Gauche sont à l’image de notre société. Elles sont marquées par une construction structurellement sexiste et raciste. Cela n’excuse en rien la non prise en compte des oppressions et des conséquences qu’elles engendrent sur les personnes qui en sont victimes. Ainsi, il nous faut lutter sans relâche à la fois dans nos organisations, et dans la société plus largement.

Depuis plus de 30 ans, l’islamophobie s’est imposée comme une forme de racisme tolérable, acceptable. Les femmes musulmanes, notamment, celles qui portent un voile, en sont les premières victimes. Sous couvert de laïcité, on exclut, on humilie. La dernière polémique Décathlon en est l’illustration parfaite. La Gauche est restée muette face à la violence des débats et des déclarations islamophobes laissant ainsi les idées réactionnaires et racistes s’imposer dans le champ politique et médiatique. Les violences que nous subissions en tant que racisé.es sont inouïes. Ne pas se positionner, c’est les cautionner. Dans ce contexte d’islamophobie décomplexée, c’est se faire l’allié objectif des racistes.

Il est temps d’en finir avec le mythe selon lequel la lutte des classes et l’abolition du Capitalisme entraînerait d’un coup de baguette magique la destruction de tous les systèmes de dominations. Il ne s’agit ici que d’une manœuvre pour reléguer les luttes spécifiques au second plan. Il existe bel et bien une division du travail raciale et genrée.

Ainsi, lutter efficacement contre le capitalisme suppose d’analyser en profondeur le monde du travail, en prenant en compte l’imbrication simultanée des dominations de classe, de genre et de race qui le structure en profondeur.

« Pour détruire les racines du racisme il faut renverser tout le système capitaliste » - Angela Davis

Si vous voulez pas nous entendre, nous on crie plus fort

Manel Djadoun - Militante UEC, Issa Bidard - Fondateur de Pour nous par nous, suite à la manifestation de Bobigny (2017), Ranine Kezal - Militante UEC, Ismaël El Hajri -Militant antiraciste FUIQP, Clara Laby - Conseillère nationale PCF, Lucien Béthune - Moncourtois - Conseiller national MJCF, Haby Ka - Conseillère nationale MJCF, Zyad Bentahar - Militant UEC, Sabrina Chatouani - Conseillère nationale MJCF, Sabrina Ould Aklouche - Militante PCF, Mélissandre Mallee - Militante féministe et antiraciste, Mehmet Ozguner - Militant FI, Yassine Alamy - Enseignant, militant antiraciste, Pauline Lalande - Responsable MJCF Bobigny Drancy, L’écho des banlieues, Aymane Aouidi - Membre du bureau central AMDH, Pierre Moreno - Militant antiraciste, Thibaud Moreau - Responsable national UNEF, Baya Djadoun - Militante antiraciste, Hadrien Bortot - Conseiller national PCF, Mehdi Belmecheri Rozental - Militant anticolonialiste, , Ismaël Haidar - Responsable departementale MJCF 94, Firas Mokni - militant MJCF 94, Rostan Kezal - Militant au MJCF 94, Des jeunes militant.es racisé.es, communistes, de gauche, féministes, antiracistes, et leurs allié.es...


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