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Persécutions quotidiennes des exilé-e-s : un parc parisien leur est interdit

mardi 22 août 2017 par Collectif du p’tit dej à Flandres

Par le Collectif du p’tit dej à Flandres. Publié sur le blog Médiapart de la Chapelle en lutte le 20 août 2017.

Une scène quotidienne pour les exilé-e-s : police, violence, racisme. Une scène parmi d’autres dans le quotidien insupportable des exilé-e-s à la rue en France. Ce témoignage d’une intervention policière au Jardin d’Eole dans le XVIIIème arrondissement de Paris cherche à briser un morceau du silence qui règne autour de ces humiliations quotidiennes.

Persécutions quotidiennes des exilé-e-s : un parc parisien leur est interdit

Il est 8h30 ce samedi 19 août, quand l’équipe qui distribue bénévolement chaque matin un petit-déjeuner aux exilé-e-s, s’installe à l’entrée du jardin d’Éole, dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Les policiers sont déjà là et ordonnent aux exilé-e-s de "dégager".

Il leur est expliqué qu’un petit déjeuner va être donné. Réponse : " Ok mais après ils dégagent du secteur. On ne veut plus les voir dans le XVIIIème, ni dans le XIXème... consignes de l’Elysée." Le p’tit dej commence.

Il est 9h30, la police fait une énième ronde pendant que les exilé-e-s font la queue pour un café. L’équipe du p’tit dej fait passer le mot, la police repassera et il faudrait mieux partir après le café. Mais pour allez où ?

Il est 10h dans le jardin d’Éole, les exilé-e-s sont assis au soleil, discutent ; d’autres lavent leurs vêtements avant de les étaler sur le sol pour les faire sécher. Des sirènes retentissent. Un camion de police pile devant l’entrée du jardin - six policiers, fusil à la main, descendent. À peine le temps de se retourner, les exilés sont cernés par les policiers de tous les côtés : "Allez ! Allez ! Tout le monde dégage ! "


À la sortie du parc un policier nous explique qu’il n’y a pas de délit de faciès "juste du professionnalisme" :

"- Depuis quand on interdit le parc aux migrants ?

- Non, juste aux illégaux

- Qu’est-ce que vous en savez qu’ils n’ont pas de papiers ?

- Ça se voit sur leur visage

- Oui, ça s’appelle du délit de faciès

- Non ! Retournez à l’école, c’est pas ça le délit de faciès. Ça s’appelle du professionnalisme !"

Nous, ça nous rappelle une époque pas si lointaine où une population ciblée était interdite dans les parcs et autres lieux publics. "On ne va pas faire ça tout la journée, il faut faire fermer le parc" avait conclu l’un des policiers, depuis le jardin d’Eole à portes closes.

Collectif du p’tit dej à Flandres


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