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Le congrès de l’UCU rejette une définition « créant la confusion » sur l’antisémitisme. Soutien à un professeur palestinien qui se voit refuser l’entrée en Israël

lundi 5 juin 2017 par BRICUP, FSOI

Par BRICUP (British Committee for the Universities of Palestine) et Free Speech on Israel (FSOI) publié le 2 juin par l’AURDIP. Traduction de l’anglais par JPP pour l’AURDIP.

L’organisation Liberté d’expression sur Israël (FSOI), à direction juive, qui défend le droit de critiquer Israël et le Comité britannique pour les universités de Palestine, qui milite pour le boycott académique et culturel d’Israël, se sont félicités aujourd’hui du vote par le Syndicat britannique des universités et collèges (UCU) en faveur du rejet de la définition de l’antisémitisme par l’Agence internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

La motion 57, présentée par les structures de l’UCU à l’Université de Leeds, à Goldsmiths, et à l’Université de Brighton, et deux amendements qui la renforcent venant de l’Université de la Reine de Belfast et de la structure Retraités de Londres, l’a emporté de façon écrasante dans les dernières minutes du Congrès annuel de l’UCU à Brighton. Un seul délégué a pris la parole contre la motion.

L’UCU a déjà, en 2011, rejeté la « définition de travail de l’antisémitisme » de l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC). La définition de l’IHRA ressemble fortement à la version de l’EUMC. Le vote d’aujourd’hui vient renforcer la politique actuelle de l’UCU.

Ces deux définitions sont considérées comme extrêmement problématiques parce qu’elles cherchent à rattacher la critique d’Israël à un vrai racisme contre les juifs : les exemples cités font explicitement référence à Israël. Le gouvernement britannique a adopté la définition de l’IHRA, et en février de cette année, le ministre des Universités, Jo Johnson, a écrit aux universités du Royaume-Uni en insistant pour que les activités universitaires respectent la définition. En particulier, il a prétendu que « des incidents antisémites… pouvaient avoir lieu sous la bannière des évènements liés à l’Apartheid (sic) d’Israël. » Certaines universités ont eu l’interdiction, ou une autorisation restreinte, pour des évènements sur les campus durant la Semaine contre l’Apartheid israélien ou par la suite, et les militants pour les droits humains des Palestiniens considèrent que la définition est utilisée pour censurer une activité et un débat politiques, légitimes, mais qui critiquent l’occupation et les violations des droits de l’homme par les Israéliens.

En proposant la motion, Mark Abel, de l’UCU Brighton, a souligné qu’un évènement organisé par les Amis de la Palestine avait été annulé par l’université de Central Lancashire, laquelle soutenait que la définition de l’IHRA rendait l’évènement « illégal ».

Réagissant à cette vague de censures, l’organisation Liberté d’expression sur Israël, a direction juive, ainsi que la Campagne Solidarité-Palestine (PSC), les organisations Voix juives indépendantes et Juifs pour la Justice pour les Palestiniens, ont obtenu l’avis juridique de l’éminent avocat des droits de l’homme, Hugh Tomlinson QC.

L’avis est accablant : il montre comment la définition de l’IHRA est source de confusion, qu’elle est non contraignante juridiquement, et qu’elle place les organismes publics qui s’en servent devant le risque de l’ « illégalité en restreignant des expressions légitimes d’une opinion politique ». Un organisme public qui interdit une rencontre en vertu de la définition de l’IHRA, sans la preuve d’un véritable antisémitisme, peut être considéré comme violant la Convention européenne des droits de l’homme, laquelle garantit la liberté d’expression (article 10) et la liberté d’association (article 11).

Concluant son intervention, Mark Abel a déclaré : « Il s’agit d’un regroupement dangereux de l’antisionisme avec l’antisémitisme… C’est une définition qui est destinée à réduire au silence ceux qui souhaitent contrecarrer la propagande de l’État israélien selon laquelle il est un État démocratique libéral normal ».

Mike Cushman, membre de l’UCU et co-fondateur de FSOI, a dit : « L’organisation Liberté d’expression sur Israël se félicite que l’UCU reconnaisse que combattre l’antisémitisme est un combat séparé de celui pour la défense des droits des Palestiniens, et que ces deux combats sont importants. Les mettre en opposition l’un contre l’autre, c’est apporter une aide à la fois aux antisémites, et aux criminels de guerre ».

Les Levidow, membre de l’UCU, intervenant pour le BRICUP, a déclaré : « Félicitations à l’UCU pour avoir défendu la liberté d’expression sur Palestine-Israël en rejetant le programme gouvernement-IHRA pour armer l’antisémitisme, amalgamé avec l’antisionisme ».

Le Congrès de l’UCU a voté également une motion pour soutenir le professeur Kamel Hawwash, membre de l’UCU, de l’université de Birmingham, qui a été empêché d’entrer en Israël le 7 avril lors d’un voyage avec son épouse et son jeune fils pour visiter des parents à Jérusalem-Est occupée. Il semble que le professeur Hawwash a été interdit d’entrer sur la base de la nouvelle loi israélienne sur le boycott, laquelle empêche les militants accusés de soutenir le BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) d’entrer en Israël. Le professeur Hawwash était jusqu’à récemment le vice-président de la PSC (Campagne Solidarité-Palestine). Le secrétaire général de l’UCU va maintenant écrire à l’ambassade israélienne et au bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (Foreign and Commonwealth Office) pour que soient levées l’interdiction du professeur Hawwash et celle de toutes celles et ceux qui militent de façon non violente pour les droits des êtres humains.

BRICUP et Free Speech on Israel

- Vous pouvez en savoir plus sur la définition de l’IHRA et la censure sur les campus ici

- La définition de l’IHRA de l’antisémitisme peut être trouvée ici

-  L’avis juridique de Hugh Tomlinson QC se trouve ici


L’article originel en anglais.


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