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JVP soutient le mouvement BDS

jeudi 18 mai 2017 par Grace Paley

Grace Paley, auteure et militante juive américaine

Voix Juive pour la Paix souscrit à l’appel de la société civile palestinienne au Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) comme faisant partie de notre travail en faveur de la liberté, la justice et l’égalité pour toutes les populations. Nous pensons que les outils non-violents et consacrés par l’usage proposés par l’appel BDS procurent de formidables occasions de concrétiser cette vision.

Nous nous joignons aux communautés de conscience à travers le monde pour soutenir les Palestiniens qui appellent au BDS jusqu’à ce que le gouvernement israélien :

Mette fin à son occupation et à sa colonisation de toutes les terres arabes occupées en juin 1967 et démantèle le Mur ; reconnaisse les droits fondamentaux des Arabes-palestiniens citoyens d’Israël à une pleine égalité ; et respecte, protège et promeuve les droits des réfugiés palestiniens à retrouver leurs maisons et leurs biens comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU.

Dans la longue histoire très diversifiée du vécu des Juifs, nous nous inspirons de ceux qui ont résisté à l’injustice et ont combattu pour la liberté. Nous nous efforçons de nous élever vers ces valeurs et de prolonger cette histoire. En souscrivant à l’appel, nous rendons notre espoir réel et notre amour visible et nous déclarons que notre propre libération est liée à la libération de tous.

JVP est engagée dans le soutien et l’organisation de toutes sortes de campagnes puissantes et stratégiques pour assurer un avenir commun où Palestiniens, Juifs israéliens et toutes les populations d’Israël/Palestine puissent vivre dans la dignité, la sécurité et la paix.

Voix Juive pour la Paix est fière de faire partie du mouvement mondial Boycott, Désinvestissement et Sanctions conduit par les Palestiniens pour mettre fin aux violations des droits de l’Homme par Israël.

En tant que signataires de l’appel BDS, nous continuerons à nous concentrer sur ces campagnes dont nous sentons qu’elles sont vraiment utiles à la construction d’un mouvement généralisé vers le changement. Notre but, et le but du mouvement BDS, est de mettre fin aux violations incessantes des droits des Palestiniens par Israël et de préparer le terrain pour une paix juste et durable pour toutes les populations d’Israël/Palestine.

JVP s’est engagée à soutenir et organiser toute une série d’efforts vigoureux et stratégiques pour assurer un avenir commun dans lequel les Palestiniens, les Juifs israéliens et toutes les populations d’Israël/Palestine puissent vivre dans la dignité, la sécurité et la paix.

Ceci veut dire entre autres soutenir la résistance non-violente à l’intérieur d’Israël/Palestine, exercer des pressions sur le Congrès, transformer les institutions juives communautaires, affaiblir les gardiens du lobby israélien, encourager une production culturelle et soutenir des campagnes éducatives et de BDS.

BDS peut agir là où les « Pourparlers de Paix » et les organismes internationaux ont échoué.

Des décennies de soi-disant « pourparlers de paix » parrainés par les Américains ont conduit à une accélération de l‘enracinement de l’occupation israélienne et de l’isolement des Palestiniens de Gaza, une escalade du soutien aux discours racistes et aux lois anti-démocratiques en Israël et à la rapide expropriation par les colons et le gouvernement israélien de la terre prévue pour un futur Etat palestinien.

Après avoir fait d’innombrables concessions dans les pourparlers de paix avec de moins en moins de contreparties, les Palestiniens se sont tournés vers les organismes juridiques internationaux comme l’ONU et la Cour Criminelle Internationale pour les aider à trouver une solution mais, à chaque fois, et les Etats Unis et Israël ont efficacement déjoué leurs efforts et les gouvernements étrangers ont tous échoué à rapprocher la région de la paix.

Les campagnes de boycott, désinvestissement et les sanctions ont été utilisées par une grande quantité d’importants mouvements sociaux.

Les campagnes de boycott, désinvestissement et les sanctions sont des tactiques qui ont été utilisées par des militants non-violents et des groupes minoritaires, autrefois vilipendés, maintenant honorés, pour faire avancer de nombreux mouvements sociaux au cours de l’histoire.

On y retrouve le boycott du bus de Montgomery, le mouvement anti-Apartheid, la lutte pour les droits des ouvriers agricoles et les efforts pour mettre fin au commerce des esclaves dans l’Angleterre du 18ème siècle. Il existe des tactiques qui permettent à des individus, des associations religieuses ou étudiantes, des syndicats, etc. de faire pression pour parvenir à un changement lorsque les gouvernements échouent à mettre fin à des atteintes aux droits.

Les campagnes BDS sont une voie pour faire rendre compte à Israël de ses atteintes aux droits de l’Homme.

L’occupation permanente de la Cisjordanie, de Jérusalem Est, de Gaza et des Hauteurs du Golan par Israël, la discrimination envers les citoyens palestiniens d’Israël et les décennies de mépris des droits des réfugiés palestiniens sont à la fois immorales et insupportables.

Nous croyons que, tenir n’importe quel gouvernement pour responsable de ses violations des droits fondamentaux ou autres violations, fait résolument partie de la tradition juive – et ceci inclut Israël. Mais les Etats Unis donnent depuis des décennies un laissez-passer absolu à Israël, lui fournissant une aide massive économique et militaire et un soutien diplomatique inconditionnel, permettant ainsi à Israël de prendre la terre des Palestiniens et de détruire leurs vies impunément. C’est dans ce contexte qu’a émergé le mouvement BDS.

Nous avons répondu à l’appel BDS parce que la société civile palestinienne a appelé le monde à l’aide.

En 2005, une coalition diversifiée de plus de 170 organisations de la société civile palestinienne – dont des syndicats, des établissements universitaires, des partis politiques, des associations culturelles et des organisations de la société civile – reconnaissant que les gouvernements avaient échoué à mettre fin à des décennies de répression israélienne, ont fait appel à la communauté internationale pour qu’elle prenne part à une campagne économique BDS mondiale. Des milliers d’associations dans le monde ont répondu à l’appel, débouchant sur un réseau mondial non structuré qui apparaît comme entièrement différent dans chaque pays et dans chaque localité.

L’appel BDS est conditionnel et demande aux gens d’arrêter d’appliquer une pression quand Israël arrêtera de violer trois droits fondamentaux des Palestiniens.

Il demande que les associations et les individus de la société civile internationale utilisent les tactiques du boycott, du désinvestissement et de la sanction jusqu’à ce qu’Israël se soumette à ses obligations selon le droit international, c’est-à-dire :
Mettre fin à l’occupation et démanteler le Mur
Mettre fin à la discrimination contre les citoyens palestiniens d’Israël
Respecter, protéger et promouvoir les droits des Palestiniens à revenir chez eux.

Dans les supporters de l’appel, il y a ceux qui soutiennent l’idée d’un Etat, de deux Etats, d’une confédération ou de quelque autre configuration – mais nous sommes tous d’accord sur le fait qu’Israël doit reconnaître les droits fondamentaux listés ci-dessus.

Les campagnes BDS prennent des formes très différentes afin de s’adapter aux contextes locaux et aux réalités politiques.

Des associations à travers le monde ont organisé des manifestations de rue, du lobbying dans des conférences, des initiatives d’actionnaires, des procès, des séminaires et autres actions pour attirer l’attention sur une complicité corporative et institutionnelle avec l’occupation. Entre autres cibles, il y a eu des fabricants d’armes, des exportateurs agricoles, des fabricants de cosmétiques, des associations culturelles, des sociétés de placement et des institutions universitaires. Ce qui relie ces campagnes disparates c’est leur but commun, mettre fin à la complicité avec l’occupation et les violations des droits de l’Homme reconnus internationalement et du droit humanitaire.

Les initiatives BDS offrent aux universitaires un moyen de s’opposer à la complicité institutionnelle avec Israël dans son déni de l’accès des Palestiniens à l’éducation.

Depuis les checkpoints et le bombardement d’écoles, jusqu’aux restrictions arbitraires de circulation et à la ségrégation à l’intérieur d’Israël, les associations des droits de l’Homme ont fourni de l’information de multiples manières sur le fait que la politique israélienne limite gravement l’accès des Palestiniens à l’éducation.

Les initiatives BDS donnent aux universitaires en particulier un moyen de déclarer leur opposition à de telles pratiques en ciblant les institutions complices de la répression de la liberté académique des Palestiniens. Ces initiatives ne visent pas les professeurs individuellement, mais plutôt les institutions financées par le gouvernement ou, très rarement, des individus qui représentent officiellement ces institutions.

Les campagnes BDS facilitent des débats ouverts et honnêtes.

Maintes fois, que ce soit sur les campus ou dans les églises, nous avons constaté que les campagnes BDS favorisaient la discussion et la communication. Soit elles mettent fin à une culture du silence, soit elles remplacent un monologue qui porte largement sur le discours juif israélien par une conversation qui inclut pleinement une perspective palestinienne.

Les campagnes BDS offrent une coalition sans équivalent et des opportunités de développement communautaire.

L’un des traits les plus frappants du mouvement BDS, c’est la remarquable diversité de coalitions d’étudiants, d’universitaires, de chefs religieux, de militants des droits de l’Homme et autres qui se rassemblent pour soutenir des initiatives de désinvestissement et de boycott. Dans les auditions de désinvestissement sur les campus ou dans les conseils municipaux, des associations qui représentent des Juifs, des Palestiniens, des Musulmans, des Latinos, des Asiatiques, des Iraniens, des LGBTQ, des Arméniens, des travailleurs, des femmes, des écologistes etc. témoignent en faveur du désinvestissement, souvent d’une façon qui contraste fortement avec des associations relativement homogènes qui s’opposent au désinvestissement.

Traduction : J. Ch. pour l’UJFP
Source : Jewish Voice for Peace


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