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Grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens : actualisation au 11 Mai 2017

samedi 13 mai 2017

11 Mai 2017 : 26ème jour de la grève de la faim des prisonniers politiques palestiniens

Les avocats continuent de se voir refuser l’accès aux prisonniers, tel que Ahmad Sa’adat, Ahed Abu Ghoulmeh et Marwan Barghouthi.

Ces refus de visite s’inscrivent dans le contexte ou un nombre croissant de prisonniers palestiniens sont confrontés à des conditions de santé risquées alors qu’ils entament leur quatrième semaine sans nourriture dans le cadre de la grève de la faim pour la dignité et de la liberté.

Des dizaines de prisonniers en grève de la faim ont été transférés dans un soi-disant « hôpital de campagne » après avoir été victimes d’évanouissements, des vomissements de sang et de graves douleurs.

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Photo By /Flash90

La création de cet « hôpital de terrain » a soulevé une inquiétude particulière car les forces d’occupation israéliennes cherchent à alimenter de force les prisonniers palestiniens, notamment avec des médecins amenés de l’étranger.*

Ahmad Hamamrah,19 ans, un des grévistes de la faim, pour qui la santé se détériore gravement, s’est vu transféré à l’hôpital de Shaare Tzedek.

Les grévistes connaissent une répression constante, y compris des transferts fréquents et abusifs qui affectent considérablement leurs corps déja affaiblis. L’isolement et la confiscation de tous les biens personnels, l’interdiction de visites légales et familiales, les transferts abusifs et arbitraires généralisés, se sont poursuivis le mardi 9 mai, tandis que 120 prisonniers palestiniens dans la prison de Nafha ont été transférés à la prison de Shatta.

L’avocat palestinien Khalid Mahajna a pu se rendre chez le prisonnier gréviste, Aroun Ayad, dans la prison d’Ohli Kedar en Israël, et a signalé que les médecins de la prison donnaient de la nourriture à des prisonniers en grève et tentaient de négocier avec eux pour se prémunir contre la grève en échange de traitements de faveurs.

La Société des Prisonniers a déclaré que cette visite juridique n’a été obtenue qu’après de multiples demandes rejetées et de longues négociations.

Pendant ce temps, les prisonniers de la prison du désert du Néguev sont soumis à des pratiques répressives et répétées, notamment des recherches et des raids utilisant des chiens.

Un gardien a également versé de l’eau sur la tête du gréviste de la faim Mohammed Abu Rub de Jenin, selon l’avocat palestinien Yousef Nasasreh.

Les prisonniers de plusieurs prisons ont aussi signalé des privations de l’accès à l’eau en bouteille normalement fournie, d’autres sont contraints de boire de l’eau chaude du robinet, ou même encore de se partager de petites quantités à plusieurs.

La maison de l’ancien gréviste de la faim et journaliste emprisonné Mohammed al-Qeeq , a été envahie par les forces d’occupation israéliennes le matin du mardi 9 mai.

Fayha Shalash, l’épouse d’Al-Qeeq, a déclaré que 20 soldats de l’occupation ont pris d’assaut la maison, et ont saccagé les biens de la famille. Elle a déclaré que c’était une tentative de faire pression sur son mari pour qu’il mette fin à sa grève.

La journaliste israélienne Orly Noy, dans un article publié le 9 mai sur le média « +972 » a déclaré :

« En fait, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas vu un seul média, à part « Local Call » publier la liste complète des demandes des grévistes de la faim. Pourquoi 1 600 prisonniers ont-ils refusé de manger pendant 3 semaines ? Que veulent-ils ? Qui sont ces gens ? Le public israélien ne le sait pas.

Il ne sait pas quelles sont leurs conditions en prison, ni même combien ces conditions sont devenues encore plus sévères pour eux depuis qu’ils ont commencé leur grève.

Les prisonniers sont empêchés de rencontrer leurs avocats et sont soumis à des mises à l’isolement, des intrusions dans leurs cellules à toutes heures de la journée, des fouilles au corps humiliantes, et la confiscation du sel, qui constitue la base du regime pendant leur grève de la faim. Le public israélien ne sait ni n’a aucun désir de savoir. »

Depuis le début de la grève, le 17 avril 2017, Addameer (Association des Droits de l’Homme et d’aide pour les prisonniers palestiniens) a envoyé plusieurs demandes de visite au Service Pénitentiaire Israélien (IPS) afin de rencontrer les prisonniers et les grévistes, mais l’IPS n’a répondu à aucune demande. Addameer condamne en particulier les restrictions de l’IPS imposées aux avocats souhaitant rendre visite aux prisonniers.

Malgré la décision de la Haute Cour israélienne de permettre aux détenus de voir leurs avocats, l’IPS a souvent refusé des visites sur demande. Addameer prévoit que l’IPS continuera à utiliser de telles pratiques, comme le déplacement des prisonniers dans d’autres prisons sans en informer leurs avocats ou d’empêcher systématiquement les avocats de pouvoir rendre visite aux prisonniers, afin d’isoler davantage les grévistes de la faim et de les forcer à mettre fin à la grève.**

En raison de cette interdiction sur les visites d’avocat, Addameer n’a pas été en mesure de suivre le développement de la santé des détenus et des conditions quotidiennes.

Sources : +972 et Samidoun ainsi que Addameer

* : http://samidoun.net/2017/05/24th-day-of-palestinian-prisoners-hunger-strike-legal-visits-blocked-for-saadat-abu-ghoulmeh-barghouthi/

** : http://www.addameer.org/news/addameer-petitions-visit-ban-against-leader-ahmad-saadat

Actualisation réalisée par l’Agence Media Palestine


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