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Crise de l’électricité et de l’eau à Gaza

jeudi 12 janvier 2017

Lundi 9 janvier 2017, par Ziad Medoukh.

Un appel au secours. À voir les destructions d’Alep comment ne pas avoir pensé à l’état semblable des villes de la bande de Gaza et de certains quartiers de Gaza depuis l’offensive israélienne Bordure protectrice, l’été 2014. Destruction exemplaire, si l’on peut dire, au point qu’ayant ressenti une impression de déjà vu devant certaines photos du chaos d’Alep envoyées dans les médias, l’information récente de la propagande confirma sans nous surprendre que les lieux effectifs de ces documents étaient bien Gaza. Ce qui hélas n’enlève rien à la réalité du sinistre d’Alep d’autre part. Mais Alep se reconstruira car c’est une ville libérée maintenant ouverte à l’accueil des ressources pour la faire revivre. Ce n’est pas le cas de Gaza, un enclos où rien ne peut entrer sinon le minimum fourni par UNRWA ni sortir et parfois, on ne sait pourquoi cette fois là plutôt que les autres, soudain une personne qui attendait son tour. Maintenant, la bande de Gaza ne dispose plus d’électricité ni de l’eau qui en dépend. Ou si peu. Rien de décisif n’a été reconstruit, l’environnement demeure un ensemble immense de décombres et les gens héroïques dans leurs entreprises pour supporter d’y vivre enfermés souffrent de plus en plus. Quand le calvaire des Gazaouis finira-t-il ? (L. D.)

La crise de l’électricité aggrave la souffrance à Gaza

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À Gaza. Photo originale © Ziad Medoukh 2017

Depuis plus d’une semaine, la bande de Gaza vit une véritable crise d’électricité, avec de longues coupures de courant, jusqu’à 20 heures par jour, ce qui signifie que chaque maison et chaque quartier a droit à quatre heures d’électricité par jour.

Vous imaginez ? Plus de deux millions habitants privés d’électricité pendant des jours et des jours ! Surtout durant cette saison d’hiver avec la vague de froid au début de cette nouvelle année.

La seule centrale électrique qui a été bombardée lors de la dernière agression israélienne en 2014 fonctionne avec seulement 20% de sa capacité, conséquence : chaque foyer à Gaza a droit à 4 heures de courant électrique par jour.

Outre ces coupures, en plein hiver, à Gaza, c’est la pénurie d’eau. Tous les puits municipaux qui approvisionnent les habitants fonctionnent avec le courant électrique.

Vous imaginez ? Des foyers privés d’eau pendant des jours et des jours !

Cette situation est liée au manque de fioul et de carburant qui entrent normalement dans la bande Gaza par Israël. La quantité qui entre par jour ne suffit pas à faire face à cette vague de froid.

Cette pénurie a des conséquences dramatiques sur la vie quotidienne des habitants de cette région sous blocus, et paralyse tous les secteurs économiques Imaginez-vous une terre sans électricité, sans eau et sans carburant ? Nous sommes en 2017 quand même !

Israël refuse l’entrée de matériel et de pièces de rechanges pour cette centrale endommagée par les multiples bombardements, notamment lors de sa dernière offensive contre Gaza en 2014.

Beaucoup d’usines ont fermé leurs portes, des milliers de travailleurs se retrouvent au chômage, ce qui aggrave la situation déjà délicate des habitants de cette prison à ciel ouvert.

Les hôpitaux et les centres médicaux sont les plus touchés, beaucoup d’opérations chirurgicales sont annulées, beaucoup d’appareils médicaux sont en panne, la vie de centaines de patients est menacée.

L’état d’urgence a été décrété dans la bande de Gaza et même les quelques générateurs qui continuent de fonctionner vont être arrêtés, faute de fioul.

Les Palestiniens de Gaza même avec leur patience extraordinaire et leur adaptation à ce contexte particulier, continuent leur souffrance à cause de cette crise.

Devant cette crise, les Palestiniens de Gaza s’interrogent :

Où sont les organisations de droits de l’homme ?

Où est le monde dit libre ?

Jusqu’à quand cette souffrance ?

Jusqu’à quand ce blocus israélien inhumain contre la population civile de la bande de Gaza ?

Et jusqu’à quand cette injustice ?

Z. M.

E-mail du dimanche 8 janvier 2017 [1].

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À Gaza. Photo originale © Ziad Medoukh 2017

P.-S.

En logo : à Gaza, une équipe technique installe (ou répare) un pilier distributeur d’électricité à haute tension (icône fournie par l’auteur).

Le document téléchargeable en pdf de l’interview de Ziad Medoukh dans l’opus 49 de la revue helvétique L’événement syndical du 7 décembre 2016 :

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« Je résiste en français »
Ziad Medoukh, ITW
par Sonya Mermoud
L’événement syndical (ch)
No 49 7/12/16

[1Pour information on peut lire dans criticalsecret.net le bilan annuel de Gaza envoyé par Ziad Medoukh, ainsi que la traduction de l’article réactif de Haidar Eid à propos de la Résolution 2334 votée à l’ONU le 23 décembre 2016


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