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Le boycott au ban de la société

lundi 22 février 2016 par Jean-François Marx

Le 16 février 2016

Adolphe Thiers doit bien rigoler dans sa tombe. Les Communards sont à nouveau voués aux tribunaux. Le Conseil de Paris a voté le vœu du déshonneur, condamnant les actions de boycott des produits israéliens. Droite et socialistes ont voté en chœur pour le colonialisme, contre l’avis des communistes et des verts. Pour ceux qui en doutaient, on sait où se trouvent les combattants de la liberté des peuples et de la solidarité internationale.

Les « Versaillais » vous diront qu’ils ont voté pour défendre la légitimité d’un Etat et non pour son gouvernement d’extrême droite. Belle hypocrisie ! Cachez ce gouvernement que je ne saurais voir, tant il insupporte même à ses amis Etats-uniens. Avez-vous déjà vu un Etat légitimé par la communauté internationale, qui bafoue la Charte de l’ONU dont il est membre, et n’a jamais défini les frontières de son territoire ? C’est un haut responsable de l’administration américaine qui commente : « Cela commence à ressembler à une annexion de facto » de la Cisjordanie (cité par le Monde du 11/02/2016). Un Etat légitime qui développe son « espace vital » par la conquête, même rampante, n’a-t-on pas connu d’autres exemples dans l’histoire ?
Et les Palestiniens, que deviennent-ils ? Ils sont plus que jamais sous la botte de l’occupant, et les premiers concernés par le vœu parisien. Les villes de Béthléem, Jéricho, Ramallah, entretiennent depuis de nombreuses années des relations d’amitié avec Paris. Leurs maires respectifs, dans une lettre à Anne Hidalgo, écrivaient :
« Un tel vœu donnerait un signal à contre-sens des efforts de paix et du droit international, il risquerait d’encourager l’occupation et la répression du peuple palestinien. L’occupation sous laquelle sévissent des millions de Palestiniens, ainsi que la colonisation et le système d’expropriation et d’apartheid qui en découle constituent des violations graves du droit international, des droits inaliénables du peuple palestinien et sapent toute solution politique. »

Contrairement à la campagne orchestrée par le gouvernement Netanyahu et relayée par ses antennes parisiennes, les Palestiniens ne voient donc pas dans le vote des élus parisiens un signe d’apaisement, mais un encouragement à poursuivre la politique d’occupation de ce gouvernement. Ce n’est pas un signe de paix, mais d’hostilité envers un peuple opprimé, et de mépris pour les édiles palestiniens.

La France est le seul pays européen, et Paris la seule capitale, à s’acharner contre les activistes militant pour une paix juste en Palestine-Israël.

Il y a juste 60 ans, un nouveau gouvernement élu à Paris pour faire la paix s’engageait en Algérie et allait renforcer durablement la guerre. L’esprit colonial n’est pas mort, il flotte encore dans les Assemblées comme dans le pays.

Jean-François Marx, membre de l’Union Juive Française pour la Paix , le 16 février 2016


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