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Il faut sauver Umm al-Hiran

mardi 19 mai 2015

Après 13 années de controverses, la Cour suprême d’Israël vient de rendre sa décision sur les procédures concernant le village bédouin d’Umm al-Hiran établi au nord du désert du Néguev. Cette décision autorise Israël de poursuivre un plan qu’on ne peut que qualifier de raciste : démolir Umm al-Hiran et en chasser ses habitants pour établir sur ses ruines "Hiran", une ville réservée aux seuls Juifs.

(Traduction du communiqué d’Adalah publié le 14 mai 2015 et notes : Michel, UJFP.)

La Cour a reconnu que ses résidents ne sont pas des intrus arrivés illégalement –comme le soutenait l’Etat– mais des Bédouins déplacés de leur village d’origine de Khirbet Zubaleh, sur ordre militaire en 1956 [1].

Néanmoins, la Cour a statué que, parce qu’Umm al-Hiran se trouve situé sur des terres appartenant à l’Etat, celui-ci pouvait les reprendre et en faire ce qu’il voulait. La Cour n’a pas demandé pourquoi une nouvelle ville [2] devait s’installer à la place du village bédouin alors qu’il y avait de vastes espaces non occupés tout autour.

La Cour a aussi ignoré les raisons qui ont amené à la création d’Umm al-Hiran, les racines qui lient les Bédouins à leur terre et les conséquences sociales de leur expulsion.

Umm al-Hiran est un microcosme qui symbolise bien l’injustice à laquelle les Palestiniens –y compris ceux d’Israël qui sont citoyens de l’Etat– doivent faire face continuellement depuis 1948. En ce jour de célébration de la Nakba et avec le soutien des Bédouins citoyens israéliens d’Umm al-Hiran et de ses partenaires locaux et internationaux, Adalah est en train de lancer une campagne publique destinée à faire connaitre la lutte de ses habitants pour exiger l’annulation de leur expulsion.

Adalah vous invite à vous rendre sur sa page web consacrée à Umm al-Hiran, et à participer à leur lutte pour éviter la destruction et l’éviction du village.

Vous pouvez aussi joindre la campagne sur Twitter à #Save_UmAlHiran .
Les dons sont les bienvenus.

[1Dans les années 1950 il ne restait qu’une dizaine de milliers de Bédouins dans le Néguev, sur les 110 000 qui peuplaient ce désert avant 1948 (la grande majorité ayant été chassée en Egypte ou en Jordanie). Ceux qui avaient résisté ont été déplacés, village par village, dans le Nord du Néguev dans une zone que les Bédouins ont appelé par dérision le Siyag (l’espace clos dans lequel ils parquent leurs bêtes). C’est le cas de la tribu al Qian, déplacée au nord du Siyag dans 2 villages : Attir et Umm al-Hiran. Attir, un village d’environ 600 Bédouins, doit être détruit pour laisser place à la forêt et au parc Yatir.

[2Il est prévu qu’Hiran compte 2 000 logements réservés à des Juifs religieux.


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