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QUESTIONNAIRE AUX CANDIDATS AUX PRESIDENTIELLES

dimanche 1er avril 2012

L’UJFP a adressé le questionnaire ci-dessous à tous les candidats aux présidentielles sauf Madame Le Pen

Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat(e) à l’élection du Président de la République,

L’Union Juive Française pour la Paix œuvre pour que se fasse entendre une voix juive laïque et progressiste, pour le « vivre ensemble » dans l’égalité et la justice, pour qu’une paix juste et durable s’instaure au Proche Orient. L’UJFP est partie prenante de tous les combats contre le racisme sous toutes ses formes et contre toutes les discriminations.
Nous souhaitons connaître les positions que vous défendrez sur les questions qui relèvent de nos champs d’intervention, la politique que vous entendez mener si vous êtes élu, et nous ne manquerons pas de transmettre à nos adhérents et sympathisants les réponses que vous voudrez bien nous apporter.
Nous serions bien évidemment heureux si votre emploi du temps vous permettait de nous recevoir, vous-mêmes ou un membre de votre équipe.

1. Pour l’UJFP, le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu’en mettant fin à la domination d’un peuple par un autre.
Les résolutions de l’Assemblée Générale ou du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies ont à de nombreuses reprises demandé à Israël de se retirer des territoires palestiniens occupés depuis 1967, de ne pas annexer Jérusalem Est, de reconnaître le droit au retour dans leurs foyers des réfugiés, et de démanteler les colonies en Cisjordanie.
La Cour Pénale Internationale a déclaré illégale la construction du Mur de séparation à l’intérieur même de la Cisjordanie et en a demandé la destruction. On se souvient de l’émotion internationale créée par l’opération « plomb durci » en 2008-2009 et du rapport que le juge Goldstone a fait à ce sujet.
Or Israël poursuit sa politique, ses assassinats ciblés, ses bombardements, le blocus de Gaza, son vol de la terre et de l’eau en toute impunité,.

Quelles mesures prendrez-vous pour peser pour qu’Israël se conforme au droit international ? Proposerez-vous une action internationale pour imposer la levée du blocus de Gaza ? Quelles sanctions proposerez-vous au niveau de l’ONU ? Refuserez-vous de rehausser les relations entre l’UE et Israël ? Demanderez-vous la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, comme le prévoit l’article 2 de l’accord ? Quelles mesures économiques, politiques, juridiques préconisez-vous ?

2. A chaque phase de son développement, l’Etat d’Israël a menti sur ses intentions. Il a prétendu à sa création qu’il respecterait le droit au retour des réfugiés ; il a présenté les conquêtes de 1967 comme défensives et provisoires ; les accords d’Oslo censés aboutir à la création d’un Etat palestinien viable n’ont pas arrêté la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie et son fractionnement en micro territoires…
Le Tribunal Russell sur la Palestine, présidé par Stéphane Hessel et composé de personnalités reconnues, a tenu sa troisième session au Cap (Afrique du Sud). Il a conclu en fonction des rapports qu’il a entendus que :
- en imposant à la population de Gaza un blocus permanent par terre, air, mer,
- en refusant le droit au retour des réfugiés malgré la résolution 194 de l’ONU,
- en annexant Jérusalem Est et en donnant un « statut spécial » aux palestiniens qui y habitent,
- en occupant la Cisjordanie et en poursuivant sa colonisation,
- en faisant subir aux Palestiniens qui vivent en Israël des discriminations légales et paralégales,
Israël commettait les crimes d’apartheid et de persécution à l’égard du peuple palestinien, crimes contre l’humanité.

Partagez-vous ces conclusions ? Vous engagez-vous à les prendre en compte ? Etes-vous prêt à accueillir en France une session de ce Tribunal ?

3. En 2005, 172 organisations de la société civile palestinienne ont lancé un appel à la société civile internationale au Boycott, au Désinvestissement, aux Sanctions contre l’Etat d’Israël, tant que durerait l’occupation, le refus du droit au retour des réfugiés, les discriminations contre les Palestiniens au sein même des frontières actuelles d’Israël. Rappelant le rôle qu’avait joué la campagne de boycott de l’Afrique du Sud dans la prise de conscience de la minorité blanche de l’impasse dans laquelle le système s’enfermait, de nombreuses personnalités politiques, syndicales, ou associatives, le Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, soutiennent la campagne BDS et appellent à son développement.
En revanche, le Ministère de la Justice en France non seulement ne soutient pas cette démarche, mais a demandé aux Procureurs de requérir contre les participants à ces actions non violentes pour discrimination, voire pour antisémitisme.

Soutiendrez-vous cette campagne ? Annulerez-vous les instructions données aux parquets de poursuivre ses participants ? Demanderez-vous aux entreprises françaises de cesser leur participation aux activités liées à la poursuite de la colonisation ? Mettrez-vous un terme à la collaboration entre Israël et la France en termes de matériels militaires ?

4. En France, le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France prétend parler au nom de tous les Juifs de France, alors que ses organisations n’en fédèrent qu’une petite minorité. Le CRIF ces dernières années est devenu le relais en France des positions les plus extrémistes de la politique israélienne, et accuse d’antisémitisme quiconque critique la politique israélienne ou soutient les droits du peuple palestinien. La campagne de diffamation menée contre le journaliste Charles Enderlin, ou la pression exercée pour interdire un colloque à l’Université Paris VIII et une réunion publique à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon font partie de ses derniers exploits. Or cette politique israélienne est non seulement criminelle, elle est suicidaire en interdisant la perspective d’une vie juive au Proche Orient dans une paix juste et durable. Et la soutenir ici ne l’est pas moins, en favorisant la résurgence de l’antisémitisme. Cela n’empêche pas nombre de dirigeants politiques en France de reconnaître le CRIF comme représentant des Juifs de France et d’assister à son « dîner » annuel.

Quelle attitude adopterez-vous à l’égard de cette organisation ? Si vous êtes élu, continuerez-vous à le reconnaître comme le représentant de l’ensemble de ceux qui se reconnaissent comme Juifs dans ce pays ?

5. L’UJFP s’inquiète du développement d’un climat xénophobe dans notre pays. On pourrait se réjouir de voir dans les sondages la sympathie qu’inspire à beaucoup de nos concitoyens des vedettes « issues de l’immigration » : Yannick Noah, Zinedine Zidane, Omar Sy, Jamel Debbouze,... mais dans le même temps nos camarades et amis arabes et/ou musulmans nous montrent les traces tangibles d’une montée de leur stigmatisation, des amalgames, et au plus haut niveau de l’Etat les propos tenus sur telle ou telle catégorie de Français, notamment les Roms, nous a fait froid dans le dos.
Dans la crise économique et sociale que nous connaissons, revient le discours désignant l’immigration comme responsable, et il n’est malheureusement pas le monopole de l’extrême droite. De nombreux rapports dénoncent le traitement indigne infligé aux « sans-papiers ». Des jeunes sont « renvoyés » dans des pays dont ils ignorent parfois tout de la langue et où ils ne connaissent personne.
Avec les collectifs « mamans toutes égales », d’ailleurs nous sommes d’ici », « réseau éducation sans frontières » auxquels nous participons, nous considérons urgent un changement radical de politique.

Quelles sont vos analyses à ce sujet ? Vous engagez vous à rompre avec cette politique et ces discours ? Arrêterez-vous la « politique du chiffre » et accepterez-vous la régularisation de tous les sans-papiers ? Procèderez-vous à la fermeture des centres de rétention ? Abandonnerez-vous l’idée d’en revenir à la « double peine » ? Quelles seront vos propositions en matière de droit de vote des étrangers et d’accès à la citoyenneté française ?

Madame, Monsieur,
Cela fait beaucoup de questions, nous en convenons.
Mais nous ne doutons pas que, candidat(e) à l’élection présidentielle, vous avez déjà eu l’occasion de vous faire une opinion sur ces sujets qui ne peuvent être occultés.

Nous vous remercions de nous avoir lu et espérons que vous voudrez bien nous répondre, à notre adresse (21 ter rue Voltaire, 75011 Paris) ou par courriel.

Nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, à notre indéfectible attachement à la défense des droits humains ici et partout dans le monde.

Pour le Bureau national de l’UJFP,

Jean-Guy Greilsamer, Pierre Stambul
Co-Présidents

Cette lettre est adressée à tous les candidats à l’exception de la candidate du Front national. Avec nos excuses à Mesdames Joly et Arthaud nous nous adressons à tou(te)s en utilisant le masculin.
Pour mieux connaître l’UJFP, vous pouvez consulter notre site www.ujfp.org


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